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Construction : comment se porte le recrutement en 2025 et quelles tendances pour 2026 ?

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Publié le 1 juin 2022
Dernière mise à jour : 20 février 2026
Lecture 4 min.

Le secteur de la construction continue de faire face à de fortes tensions sur le recrutement, malgré un ralentissement de l’activité. Les entreprises peinent toujours à trouver des profils qualifiés, notamment sur les métiers techniques de terrain.

En parallèle, de nouvelles dynamiques s’installent : féminisation progressive des équipes, évolution des attentes salariales, transformation des compétences liées à la rénovation énergétique et au numérique.

Comment évolue réellement l’emploi dans le BTP en 2025 et quelles perspectives se dessinent pour 2026 ?

Recrutement BTP 2025 : des métiers toujours en tension

Les besoins en main-d’œuvre restent importants dans la construction, mais une large part des recrutements demeure difficile.

Les données issues de l’enquête BMO de France Travail montrent que plus de deux tiers des projets de recrutement dans le bâtiment sont jugés difficiles. Certains métiers concentrent particulièrement les tensions :

  • Maçons qualifiés : 73,5 % de recrutements difficiles
  • Plombiers-chauffagistes : 72,5 %
  • Conducteurs de travaux et chefs de chantier : 70,3 %

Ces chiffres confirment une problématique structurelle : le décalage entre les compétences disponibles sur le marché et les besoins opérationnels des entreprises.

Les analyses sectorielles soulignent également que le recrutement difficile dans le BTP s’explique par plusieurs facteurs :

  • déficit d’attractivité de certains métiers physiques ;
  • départs à la retraite massifs ;
  • montée en compétences techniques (transition énergétique, normes environnementales) ;
  • concurrence entre entreprises sur des bassins d’emploi déjà tendus.

La pénurie touche en priorité les profils qualifiés et expérimentés, notamment sur les postes d’encadrement de chantier.

💡Bon à savoir : Pour faire face au manque de compétences, l’État a actualisé la liste des « métiers en tension dans le BTP » et prévoit désormais une procédure permettant aux travailleurs étrangers en situation irrégulière d’obtenir plus facilement un titre de séjour lié à leur activité.

Conjoncture 2025 : activité en recul, tensions persistantes

La conjoncture du bâtiment montre un léger ralentissement.

Entre le premier semestre 2024 et le premier semestre 2025, l’emploi dans le bâtiment recule d’environ 2 %, représentant près de 30 000 postes en moins. Malgré cette baisse, le secteur conserve un volume d’emploi élevé et une relative stabilité comparée à d’autres industries.

Ce paradoxe s’explique par une réalité simple : même en période de ralentissement, les entreprises doivent maintenir leurs compétences clés pour préserver leur capacité de production.

Autrement dit, le volume global d’activité peut diminuer, mais la pénurie de profils spécialisés demeure.

Apprentissage et renouvellement des compétences : un enjeu stratégique pour le BTP

L’apprentissage reste un levier central pour assurer le renouvellement générationnel dans le BTP.

Les dernières données montrent toutefois une dynamique contrastée. D’un côté, les entrées en apprentissage dans la construction ont progressé en 2024 (+4 %), avec près de 89 000 nouveaux contrats signés, confirmant un regain d’intérêt pour les métiers du BTP. De l’autre, plusieurs indicateurs 2025 signalent un ralentissement, voire un recul du nombre d’apprentis en activité dans certains territoires : le nombre d’apprentis dans le BTP a reculé de 10,7 % entre 2024 et 2025 en Île-de-France.

Ce contexte renforce deux priorités pour les entreprises :

  • structurer des parcours d’intégration attractifs pour les jeunes diplômés ;
  • investir dans la formation continue pour accompagner la montée en compétences.

La transformation des métiers – digitalisation des chantiers, BIM, exigences environnementales – impose désormais une double compétence : technique terrain et maîtrise des outils numériques.

Femmes dans le BTP : une féminisation progressive des métiers techniques

La place des femmes dans la construction progresse, même si elle reste minoritaire.

Aujourd’hui, près de 12 à 13 % des salariés du bâtiment sont des femmes, avec une évolution positive sur les fonctions techniques et d’encadrement. La présence féminine augmente notamment sur les postes de :

  • conductrice de travaux ;
  • chargée de projet ;
  • ingénieure études ;
  • responsable QSE.

La féminisation constitue un levier stratégique pour élargir le vivier de talents, dans un contexte de pénurie durable. Les initiatives en matière de conditions de travail, d’équipements adaptés et de valorisation des parcours participent à cette évolution.

Découvrir le portrait de femmes dans le BTP par l’OPPBTP.

Rémunération et attractivité : nouvelles attentes des candidats

Les tendances de recrutement et de rémunération montrent une évolution des attentes côté candidats.

Dans les métiers en tension, la négociation salariale devient plus fréquente. Les entreprises doivent désormais proposer :

  • une rémunération compétitive ;
  • des perspectives d’évolution claires ;
  • une meilleure qualité de vie au travail ;
  • des outils numériques facilitant la gestion des chantiers.

La modernisation des pratiques managériales devient un facteur clé d’attractivité, au même titre que la rémunération.

Tendances 2026 : vers une stabilisation du marché du travail dans la construction ?

Les projections pour 2026 laissent entrevoir un marché plus équilibré, sans pour autant résoudre les difficultés structurelles de recrutement.

Plusieurs évolutions majeures se dessinent :

  • maintien d’une forte demande sur les métiers spécialisés ;
  • développement des activités liées à la rénovation énergétique ;
  • montée en puissance des compétences numériques sur chantier ;
  • adaptation progressive des entreprises aux nouvelles exigences salariales.

Certaines analyses sectorielles évoquent une légère baisse des difficultés de recrutement sur certains postes, mais la tension devrait rester élevée sur les profils techniques expérimentés.

La transformation technologique du secteur (digitalisation des processus, outils collaboratifs, suivi de chantier mobile) modifie également les critères de recrutement.

Recrutement BTP : anticiper pour rester compétitif

Malgré un ralentissement conjoncturel, la pénurie de compétences techniques perdure. Les entreprises doivent agir sur plusieurs leviers :

  • attractivité des métiers ;
  • formation et apprentissage ;
  • féminisation des équipes ;
  • modernisation des outils et des méthodes de travail.

À l’horizon 2026, la capacité des acteurs du bâtiment à anticiper leurs besoins en compétences et à structurer leurs équipes autour d’outils numériques performants fera la différence.

Dans un contexte de tension durable sur les profils qualifiés, l’optimisation de l’organisation et de la gestion de chantier devient un enjeu stratégique aussi important que le recrutement lui-même.

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